Ultime épisode de notre enquête sur les relations secrètes de Britney avec la mode. Dernier hommage en date : celui de Christopher Bailey lors du dernier défilé Burberry.

Avant de quitter Burberry Christopher Bailey a achevé et remporté la bataille pour une pop aux couleurs de la diversité. La tête derrière tout cela : Britney, évidemment. In the Zone illustre ce grand programme, car on vous l’apprend aujourd’hui, les combats pour l’égalité, pour les droits des LGBT et de la communauté noire,  c’est so 2004. C’était déjà le combat de BritBrit, les médias l’ont simplement ignoré.

Burberry fini le travail pour Britney

Londres le 16 février, après la pluie, il y a toujours la promesse de l’arc-en-ciel. Comme pour mieux faire passer le temps dégueulasse. Chez Burberry l’arc-en-ciel est en fourrure, portée par une Cara Delevingne plus androgyne que jamais. Foule d’applaudissements pour le bye bye plein de soleil de David Bailey, un au revoir qui sonne comme un bonjour ? La marque était-elle en train de prendre l’eau ? Dans ce récit entre Bailey et Burberry, il ne faut pas parler de fin, ni de début. Il faut adopter le ton d’un récit continu où l’arc-en-ciel est le fruit d’une longue lutte dont l’une des racines se trouve en 2004 dans le Queens.

Pas d’arc-en-ciel en vue dans la nuit New-Yorkaise alors que Britney Spears tourne le clip d’Outrageous. La chanteuse tombe et se blesse le genou laissant le clip sans fin. Des fragments parviennent jusqu’au public : Snoop Dog, un terrain de Baskets mais surtout l’affirmation de l’intégration de la culture black dans la culture mainstream que Britney ne parviendra pas à exposer au grand jour. Alors Bailey, en défendant les LGBT (avec le QI+ on imagine)  et en les intégrant pleinement au calendrier de la mode, vient finir la lutte de Spears. L’histoire : celle d’une culture hybride, une pop culture qui ne regarde ni les genres ni les races, ni les classes.

 

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© Burberry

Forever Chav

Mea Culpa ? En 2005, alors qu’il est à la tête de la direction artistique de Burberry, Christopher Bailey mène un combat pour éradiquer les chavs. Une sub-culture issue du milieu ouvrier, à mi-chemin entre les mods ou punks version 2000. Contrairement à la working-class et ses costumes impeccables, les chavs détournent Burberry avec des joggings, chaînes bling bling et des fausses casquettes tartan. Une mauvaise pub pour la marque aux trenchs beiges qui décide de renouveler son image et de se défaire de cet accent populaire. Pourtant, lors du dernier défilé, tous les codes de cette culture étaient présents, à commencer par la fameuse casquette. Serait-ce la conséquence d’un retour du sportswear, relancé depuis la Russie par Gosha Rubchinskiy ? Comme quoi les cultures voyagent. Il devient alors ridicule de leur donner une couleur.

L’arc-en-ciel, plus qu’un symbole LGBT, un symbole du multi-culturalisme et de la fin des classes. C’est aussi cet arc-en-ciel qui recouvre la pop américaine au milieu des années 2000. Britney Spears, Christina Aguilera et toute la bande des chanteuses pop adoptent les sonorités R’n’b. Du coup, le salon type de la famille américaine, se retrouve envahi par le rap et le hip hop, les teenage girls des beaux quartiers se rebellent. En 2004, Outrageous finalise cet élan libertaire, une voie que Britney emprunte depuis Baby One More time. Pour In the zone elle collabore avec les Ying Yang Twins ou R Kelly et adopte la panoplie baggy, baskets, colliers XXL  et imprimés chettah, une vraie chav-américaine.

 

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© Burberry AW18

Save me up before you go go

Outrageous est le quatrième extrait de l’album In the Zone : un virage dans la carrière de Spears. Libérée de son boyfriend parfait (Justin Timberlake), elle ne chante plus I’m not a girl, not yet a woman. Désormais, c’est une femme, virulente de désir, au point d’être scandaleuse. Elle conçoit les sets de la tournée Onyx Hotel, un show qui ne s’adresse plus au enfants mais aux adultes. Ce cri va être vite étouffé. La trop grande liberté de Britney se taxe d’un attrait pour les excès documenté H24 par les tabloïds. Spears n’est plus crédible. Pourtant, In the Zone est applaudit par la critique musicale. Dix ans plus tard, Bailey, créateur légitimé, se frotte à la zone en convoquant le chav sur le podium. Un geste de départ, un geste libertaire pour éviter le Blackout ? On ne le saura jamais, les spécialistes criant d’avance au complot.