Il semblerait que la famille Versace ait moyennement apprécié l’adaptation de Ryan Murphy.

Le créateur d’AHS et de Nip/Tuck est de retour avec The Assassination of Gianni Versace, la 2ème saison de sa série American Crime Story, qui revient sur le meurtre du légendaire couturier italien.

Immersion dans la dynastie Versace

Dès le premier épisode, les créateurs dépeignent l’univers décadant et luxurieux de la mode dans les années 90 avec un Gianni Versace en symbole de cette époque révolue. L’histoire se situe en 1997, année où le créateur fut tué, et les flashbacks s’enchainent afin de nous donner quelques clés sur l’histoire du serial killer Andrew Cunnanan, incarné ici par Darren Criss,

Les premiers épisodes ne nous en disent pas long sur les relations entre le frère Gianni et la soeur Donatella, incarnée par Penelope Cruz. Lui y est dépeint comme le cliché du créateur de mode, hautain, prétentieux et libertin, elle, comme une businesswoman dominatrice et impassible, qui ne semble pas vraiment anéantie par la mort de son frère. Quand on sait l’impact qu’a eu cet évènement sur la vraie Donatella, on y réfléchit à deux fois.

Ambiance baroque sans méduses

La marque ne souhaitant aucunement être associée au projet, les costumiers de la série ont dû ruser. Ainsi, s’il est facile de se procurer une paire de slippers Versace, recréer les collections d’époque a demandé du travail. On y voit ainsi de nombreuses pièces d’archives, que ce soit dans les reconstitutions de défilés ou dans les tenues que portent les personnages. Des pièces entièrement recréées par l’équipe de Ryan Murphy, la marque ayant refusé de prêter quoi que ce soit.

Les fans de la marque à la méduse seront ravis de voir les célèbres tailleurs à épingles en or, les chemises en soie aux imprimés baroques ou encore le mobilier aux inspirations grecques du manoir Versace. Tant de symboles qui sont les signatures de Versace, pour une immersion plus que grandeur nature. La méduse, véritable emblème de la marque, se fait, elle, discrète, nous permettant ainsi de découvrir d’autres pièces peu connu de la marque comme les chemises transparentes (vues dans l’épisode 2), que le créateur mettaient régulièrement à l’honneur dans ses défilés.

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© FX Studios

Mais au final, pas de rancune

Le coeur de la discorde entre la famille Versace et le réalisateur ne se situe pas tant sur l’histoire globale mais sur un « détail ». La série est en effet basée sur le livre Vulgar Favors de Maureen Orth. Un ouvrage qui s’attarde sur la personnalité de Cunnanan et qui parle d’un Gianni Versace séropositif. Un fait que la famille a toujours démenti et qui n’a jamais été officiellement prouvé.

Enfin, Penelope Cruz pourra toujours compter sur l’amitié de Donatella, cette dernière lui ayant envoyé des fleurs pour la cérémonie des Golden Globes, le 7 janvier, où elle représentait la série. L’actrice a d’ailleurs déclaré à la chaine Entertainment Tonight avoir eu le feu vert de la créatrice suite à une longue conversation téléphonique. Au final, on est presque sur une happy end, même si on aurait presque aimé voir Lady Gaga en Donatella.