Un duo suisse basé à Berlin qui parle de mélange culturel et qui détruit les vêtements. Voilà comment décrire Ottolinger en quelques mots.

Depuis quelques saisons déjà, Christa Bösch et Cosima Gadient bousculent les codes de la Fashion Week et rejoignent le clan de la nouvelle génération de créateurs qui s’affranchissent des modèles traditionnels. Pas de production industrialisée pour Ottolinger, seulement des vêtements faits par le studio mais surtout détruits, brûlés, torturés puis reconstruits.

C’est là le créneau de la marque, aujourd’hui basée à Berlin. Pourquoi Berlin ? « Parce que tous nos amis sont là-bas et qu’ils sont très importants pour nous. Il y a des gens de vraiment tous les pays et de toutes les cultures à Berlin, c’est une culture totalement différente » expliquaient-elles l’année dernière dans les pages d’Another Man.

ottolinger

Les 2 designers n’oublient pas la Suisse, leur pays d’origine, puisqu’on trouve dans chaque collection des références alpines, que ce soit avec des imprimés à carreaux typiquement helvètes ou dans le choix des matériaux. Derrière une production presque artisanale, Ottolinger veut créer des vêtements inspirés par la vie quotidienne, car ils « doivent être portés par des personnes dans la vraie vie », sous-entendu pas de vêtements uniquement pour les runways et les influenceuses Instagram.

Ottolinger se concentre plutôt sur des pièces uniques, faites à la main, parfois avec des matériaux réutilisés. Sans le vouloir, la marque s’est créée une fanbase qui attend avec impatience chaque saison pour voir quels vêtements le duo s’apprête à déconstruire et à reconstruire. Car c’est aussi ça l’ADN d’Ottolinger : « ce n’est pas de la déconstruction mais plutôt de la reconstruction ». Preuve que les préceptes de Margiela continuent de perdurer.